le Giffre 1944

drame du 1er Avril 1944 au Giffre

En 1944, la Résistance est très active dans les vallées du Giffre et du Risse.

L’usine métallurgique du Giffre est une des plaques tournantes de cette Résistance. C’est un lieu de contact, de caches et de protection. L’activité incessante des ouvriers, du personnel encadrant et des résistants présents sur le site, a fait que les trains de métaux ne sont jamais beaucoup sortis de l’usine .Ces métaux étant destinés à l’armement allemand, cela ne plaisait guère outre- Rhin.

Après la bataille des Glières, les Allemands font la chasse aux Résistants et notamment à Henri Plantaz responsable local de l’A.S.

Le 1er Avril 1944, des SS et des soldats de la Wehrmacht, dirigés par le gestapiste Groom, investissent la vallée et l’usine. Ils barrent les routes.
Ils ont avec eux un traître .Il s’agit d’un ancien maquisard qui s’est fait prendre lors du décrochage des Glières et qui connaît Henri Plantaz et le tissu résistant local.

A Cormand, les Allemands ratissent le village, arrêtent, fouillent et brûlent des maisons.
6 personnes sont arrêtées

A Saint Jeoire est arrêté le Maire de Mégevette : Mr Duret

Sur la route de Marignier, des personnes sont appréhendées.

Dans le même temps, les Allemands rassemblent dans la cour de l’usine d’un côté le personnel, de l’autre les habitants des hameaux voisins (les femmes seront ensuite relâchées).

Ils demandent au traître de désigner :
Henri Plantaz, ce qui fut fait,
ainsi que les maquisards et les résistants sédentaires du secteur, ce qui fut fait.

Henri Plantaz est emmené au bureau du personnel et en redescend menotté. On le place devant le bâtiment administratif, près de ceux que le traitre a précédemment désignés.
Ils ont en face d’eux les employés de l’établissement qui sont là rassemblés.

Groom ressort de ce bureau et exige la confirmation de l’identité d’Henri Plantaz.

Mais c’est le silence total !

Les détenus comprennent vite que s’ils ne désignent pas Henri Plantaz, les Allemands tireront sans discernement sur la foule. Des soldats sont déjà en position avec leurs mitraillettes.

De son côté, Henri Plantaz, voulant éviter le massacre, décline son identité. Sachant ce qui l’attend, il fait signe à ses camarades de lui laisser un passage, part en courant et saute dans le canal glacé pour ne pas être pris vivant.
Les Allemands déchargent alors leurs armes. Henri Plantaz, mortellement blessé, disparaît sous l’eau.

Groom est hors de lui.

L’affolement est total et dans l’agitation, 3 hommes tentent de s’échapper. Ils sont fusillés sur place :
René Dorioz
Joseph Baud
Angel Diana

La gestapo désigne plus de 40 otages qui sont emmenés à Annecy.(à la prison Saint François)
-  10 d’entre eux seront libérés plus tard.

-  Le 13 Avril, 3 otages, anciens des Glières seront fusillés à Alex

Paul Letallec
Tchékaloff
Lucien Garaud

-  Le 17 Avril, 31 détenus seront dirigés sur Compiègne, puis déportés sur Buchenwald, Dora, le camp d’Ellrich où ils connaîtront l’horreur des camps nazis. 12 d’entre eux ne reviendront jamais de ces camps.

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